L’eau, les rivières

On m’appelle aujourd’hui l’Antenne. Je suis née il y a bien longtemps dans la commune de Fontaine-Chalendray à 145 mètres d’altitude. C’est pour cette raison qu’on m’a longtemps appelée la Chalendre dans ma partie haute, depuis le Moyen Age jusqu’à 1650 au moins ; mais déjà Lantainne (1562) dans ma partie aval à partir de Thors.
On a dit ensuite la Chalondre (1715), l’Anteine (1785), l’Antene (1787), l’Entine, Lantaine (cadastre dit Napoléon de 1820) et enfin je suis nommée l’Antenne aujourd’hui.
Mais ce ne fut pas sans peine, car le Briou mon plus gros affluent a voulu me voler la priorité, il s’appelait lui autrefois la Thène (d’où le nom de Saint-Ouen la Thène) puis Lantenne mais il a dû me céder son nom quand on a mesuré ma longueur qui dépassait la sienne !
Après 48 kilomètres de descente paisible, je me jette dans la lente Charente entre Saint Laurent de Cognac et Cognac qui avant 1867 était la commune de Crouin. Mais entre-temps que d’histoires… de remodelages de mon cours et de celui de mes affluents. A nous tous, pas moins de 275 km de rivières, rus, ris et ruisseaux, courances et autres veines « froides »…
Et que de gués, que de coués ! Une dalle, des seuils, des biefs, des canaux… des fontaines, des sources, des gours (gouffres)… Que d’aventures et de souvenirs.

Une dernière confidence, mon nom Antenne vient sans doute du préfixe ’an’ ou ’ant’ qui désignait la rivière dans la langue celtique de nos ancêtres gaulois, bientôt remplacés par les romains puis les goths (tendance wisi), les francs, les maures, les anglais, etc.
La photo de l’Antenne de cette rubrique a été prise à Le Seure, près des Petites Ecures, vous pouvez l’agrandir en cliquant dessus.


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Si nous ne conservons pas la nature, la Nature ne nous conservera pas — Yona Friedman